Sylvestre Ndoumou
Face à tant de promesses jamais tenues par nos dirigeants depuis plusieurs années, L'Effort camerounais recommande aux pauvres et autres marginalisés de notre pays de suivre l'étoile de l'Espérance que nous propose le Pape Benoît XVI dans son Encyclique SPE SALVI.
Dans son homélie à l'occasion de la célébration de la Journée Mondiale la Paix
Je réfléchis toujours sur le sort des pauvres et des exclus dans notre Diocèse de Douala, dans cette grande ville où la disparité de niveau de vie est scandaleuse entre les riches et les pauvres. Je réfléchis sur l'exploitation du petit peuple camerounais qui ne vit que des promesses, de discours creux, et qui se demande si cela est encore valable pour lui ".
De fait, l'environnement social n'a guère changé d'un pouce. Rien n'incite à l'optimisme, même si on ne cesse de nous dire d'espérer jusqu'au dernier souffle. En effet, le chômage galope sans arrêt, l'incivisme sous toutes ses formes a atteint des proportions inimaginables.
Le satanisme prospère dans notre société à travers des sectes pernicieuses qui détournent de Dieu, et installent la division dans les familles, le délabrement des routes n'émeut même plus nos gouvernants, la pauvreté et la misère sautent à l'œil, sans oublier la roublardise des politiciens dont la complicité est établie entre le pouvoir et l'opposition pour affamer et nourrir d'illusions le peuple camerounais dont le ventre creux ne lui permet même plus de crier son désarroi.
Toujours espérer
Dans ces conditions, le peuple peut-il encore espérer ? Oui, semble répondre l'Archevêque de Douala qui souligne : " l'exploitation des pauvres aura une fin. Le " jour de Yahvé ", c'est le jour où les illusions des riches s'envoleront en fumée. La criminalité, la délinquance, le banditisme, le pillage économique, ne cessent de s'aggraver.
On oublie que l'injustice possède en elle-même sa propre punition. Il y a des événements qui devraient faire réfléchir plus d'un Camerounais ". Rien n'est donc perdu. Il faut persévérer dans le combat à travers la prière, le travail bien fait, l'honnêteté et le patriotisme pour construire un avenir meilleur pour tous.
Cette interpellation s'adresse particulièrement aux jeunes de notre pays, car c'est dans l'effort personnel et individuel que viendra le salut. Ce n'est pas dans le vol, les agressions et les braquages, en militant aveuglement dans les partis politiques, en scandant des slogans insensés dans les discours démagogiques, en s'accrochant aux discours creux des politiciens, en commentant le jour comme la nuit, les gains des stars du football mondial que l'on verra le bout du tunnel.
Pour rester fort dans ce combat contre les forces du mal, le Pape Benoît XVI nous propose l'Espérance. Il s'agit de suivre l'étoile qui nous conduit vers cette espérance. Cette étoile, c'est Jésus Lui-même qui porte nos peines quotidiennes, et nous montre le chemin qui conduit vers le bonheur évangélique. C'est cela que nous explique avec une rare sagesse, l'Evêque de Fréjus-Toulon en France, Mgr Dominique Rey : " Le Pape Benoît XVI nous parle de l'Espérance comme vertu théologale.
Il souligne dès le début de son Encyclique que l'Espérance n'est pas un optimisme béat, une naïveté, un aveuglement face à l'avenir du monde. L'Espérance est une vertu, c'est-à-dire une force qui nous est donnée au jour de notre baptême. Elle s'appuie sur la foi : "la foi est la substance de l'Espérance". La foi théologale fait mémoire. Elle nous propose une intelligence du monde et de l'histoire. L'espérance, elle, élargit au cœur de nos combats, notre regard vers les vastes horizons de l'avenir du monde ".
Pour que cette espérance ne soit pas vue comme une simple formalité, mais comme un acte de foi et d'attachement à Dieu, Mgr Dominique Rey explique : " Un certain nombre d'utopies, en s'appuyant sur la raison et en exaltant la liberté humaine, ont essayé de développer des idéologies du progrès. Ces idéologies partaient de la conviction que l'humanité, en mobilisant ses ressources individuelles et collectives, pouvait transformer la face du monde.
L'espérance chrétienne était remplacée par la prétention de l'homme de se sauver par lui-même. Encore aujourd'hui, les idéologies du progrès véhiculent l'idée que la science ou le développement économique et matériel peuvent conduire au bonheur et à l'épanouissement. Certes, ceux-ci font partie des conditions d'amélioration de la vie, mais ce n'est ni la science ni la raison qui apportent le bonheur.
L'espérance chrétienne interprète l'histoire humaine en la soumettant à une lumière supérieure qui dépasse notre expérience subjective : l'amour de Dieu, manifesté en Jésus-Christ et qui rejoint notre histoire. Tel est le contenu de l'espérance. Le Saint Père le formule avec force : "Seul Dieu donne l'espérance, car Il est l'Espérance". On ne peut atteindre le Salut, le bonheur, l'accomplissement de soi, en dehors de Lui ".
Regardons autour de nous, et nous verrons des exemples qui incarnent l'espérance : c’est peut-être cet homme qui met en pratique la Parole

Commentaires