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DISCOURS A LA NATION : Paul Biya veut passer à l'action, les Camerounais souhaitent que les choses changent !

Claude Zéba   

Paulbiya421 Après avoir déclaré il y a quelques mois sur France 24 que la priorité de l'heure est à la lutte contre la corruption, contre le Sida et contre la pauvreté, le Président Paul Biya a pris une autre trajectoire lors du discours à la nation le 31 décembre dernier, en annonçant la révision de

la Constitution

qui, à l'en croire, n'était pas d'actualité, quoiqu'au centre des spéculations depuis de longs mois.

" Ce que je peux déjà dire, c'est que les élections présidentielles camerounaises en 2011 sont certaines. Mais je les considère comme lointaines. J'ai un mandat de sept, ans et j'ai fait la moitié de ce mandat. A l'heure actuelle, nous avons d'autres priorités et

la Constitution

telle qu'elle est aujourd'hui ne me permet pas de briguer un troisième mandat. Cela étant, nous avons d'autres urgences : lutte contre la corruption, contre le Sida, contre la pauvreté. Il faut assurer la stabilité en Afrique centrale.

J'estime que ces problèmes d'élections sont posés prématurément. Il y a d'autres urgences en ce moment.

La Constitution

à l'heure actuelle ne me permet pas d'envisager un autre mandat ". Ainsi répondait le Président Paul Biya au cours d'une interview accordée à la chaîne de télévision France 24 le 30 octobre 2007. Mais il n’a fallu que deux mois à peine pour que le discours du politicien change. Au soir du 31 décembre 2007, dans sa traditionnelle adresse " à la nation " le Chef de l'Etat va  faire la déclaration suivante : " …

Je ne saurais passer sous silence un problème qui a été soulevé par des journalistes lors de mon récent séjour à Paris et qui, je ne l'ignorais pas, faisait l'objet de spéculations au Cameroun depuis plusieurs mois. Je veux parler d'une éventuelle révision de notre Constitution et en particulier du paragraphe 2 de l'article 6 qui prévoit que " le Président de

la République

est élu pour un mandat de sept ans renouvelable une fois ".

Bien que la prochaine élection présidentielle ne doive avoir lieu qu'en 2011, il est normal et même encourageant que les Camerounais s'intéressent à ce problème puisque c'est de l'avenir de leurs institutions qu'il s'agit. De toutes nos provinces, de nombreux appels favorables à une révision me parviennent. Je n'y suis évidemment pas insensible.

De fait, les arguments ne manquent pas qui militent en faveur d'une révision, notamment de l'article 6.

Celui-ci apporte en effet une limitation à la volonté populaire, limitation qui s'accorde mal avec l'idée même de choix démocratique. J'ajoute qu'en soi, une révision constitutionnelle n'a rien d'anormal. Notre Loi Fondamentale actuelle (qui est elle-même la résultante d'une révision de notre Constitution de 1972) comporte des procédures de révision. Celles-ci permettent, si nécessaire, une adaptation du texte à l'évolution de notre société politique. Elles sont par ailleurs de portée générale et ne concernent qui que ce soit en particulier.

Nous allons donc, dans cet esprit, réexaminer les dispositions de notre Constitution qui mériteraient d'être harmonisées avec les avancées récentes de notre système démocratique afin de répondre aux attentes de la grande majorité de notre population ". Comme quoi, les promesses et les discours des politiques n'engagent que ceux qui leur donnent du crédit. Et, ce brusque changement de cap dit long sur ces multiples promesses qui jalonnent les discours du Président Paul Biya.

En l'occurrence celle de la " relance économique ", de l'élévation du niveau de vie et l'amélioration des conditions d'existence de la population, la lutte contre la corruption, l'incivisme et l'insécurité sous toutes ses formes, dont on ne cesse de rabâcher les oreilles des Camerounais depuis plus d'une décennie. Pour leur servir à l'arrivée, mensonge, népotisme, affairisme, tribalisme, gaspillage à outrance, corruption à ciel ouvert… Toutes choses qui ont conduit successivement le pays des statuts de pays en voie de développement à celui de pays à revenu intermédiaire avant de le précipiter dans le gouffre des Pays pauvres très endettés (PPTE).

Aussi, à l'analyse, ce retournement de veste apparaît comme un camouflet non seulement à l'endroit des maîtres en matière de démocratie, tels les Etats-Unis d'Amérique,

la France

, l'Allemagne, l'Italie… qui continuent de faire dans la limitation des mandats présidentiels, mais aussi à l'endroit d'éminents constitutionnalistes dont dispose le Cameroun (les professeurs Joseph Marie Bipoun Woum et Maurice Kamto, pour ne citer que ceux-là dont on dit compter parmi les meilleurs de la sous région) qui ont accepté de mettre leur savoir au service du " toilettage " de la loi fondamentale en vigueur depuis 1972. Une loi qui sera par la suite adoptée et promulguée le 18 janvier 1996 par l'actuel Président qui, à l'époque n'y avait rien trouvé à redire. Alors que le pays n'en n'était qu'à sa cinquième année de démocratie. L'affublant même de tous les superlatifs, les plus élogieux, bien évidemment.

Fort heureusement, à 74 ans (âge considéré comme celui de la sagesse en Afrique) dont 25 à la tête de l'Etat, le Président Paul  Biya semble prendre conscience des manquements de son équipe et voudrait voir les choses évoluer autrement. D'où cet aveu " Aujourd'hui, l'heure est à l'action. Secouons l'inertie, levons les obstacles, fixons nous des objectifs, arrêtons des calendriers et … respectons les ". Un discours politicien de plus ou de trop ? Aucun Camerounais n'ose et ne voudrait le penser, chacun appelant de tous ses vœux que les choses changent, positivement bien sûr

Commentaires

Pour cette homme de biya, il est grand temps que tous le peuple s'eleve pour lui dire non, barrer la route par tous les moyens. Je sais une chose, nous allons bien mourir mais, ceux qui vont rester vivront mieux. La liberté des camerounais etant en prison, nous devons la recuperer par tous les moyens. Un homme sois disant president, qui, depuis tous son regne n'a rien fait pour son peuple qui l'aime pourtant, il est venu pour les camerounais juste detruire ce que Ahidjo avait laissé. Il nous apporte juste l'homosexualité, la corruption, le pillage des derniers publique. Qui dit mieux ? vraiment, l'heure a sonnée ou nous devions nous lever, femmes, enfants, vieillards pour essayer de sauver la vie de nos generations futures.

Fogoue Engelbert, professeur des lycées d’enseignement général (PLEG) au Lycée général Leclerc, et vacataire au Collège privé les Sapins arrêté le mardi, le 27 février alors qu’il secourrait 2 petits enfants de l’école maternelle les Sapins tombés après une intoxication due à la pulvérisation au gaz lacrymogène par les éléments de la Gendarmerie Nationale en furie, au sein du complexe, ceci pour des raisons injustifiées et inavouées. Comment expliquer une telle cruauté de la part des forces de sécurité chargées de protéger les citoyens, de surcroît les petits enfants inoffensifs ? Il a suffit qu’il affirme haut et fort son indignation face à une telle ignoble action pour être arrêté et transféré au Secrétariat d’Etat à la Défense (SED). Qu’a-t-il dit au juste ? Selon plusieurs témoignages concordantes recueillis après son arrestation abusive, il s’est exclamé en ces termes: « Soyez humains » comme pour traduire sa colère et interpeller les gendarmes à une réelle prise de conscience, et d’inviter ceux-ci à choisir leur cible. En quoi les élèves et les enfants pouvaient-ils être responsables alors qu’ils étaient au moment de la manifestation entrain de suivre les enseignements ? Pourquoi s’en prendre à une couche si vulnérable ? Paradoxalement considérée à chaque discours officiel la veille de la fête de la jeunesse comme le fer de la lance de la nation, l’espoir de demain ? Que pouvaient-on leur reprocher ? Il y a lieu de s’indigner, de se révolter contre de telle ignominie. Ce qui est bouleversant, c’est le refus du droit à l’expression, à la liberté de pensée et d’opinion.
Cet enseignant consciencieux et patriotique a été arrêté lâchement pourtant son action était humaine. Il sera transféré et détenu, ceci après avoir été sauvagement battu par les éléments de la gendarmerie (SED). Suite à un procès abrégé (2min), il sera condamné à 2 ans. Comme la plupart des jeunes manifestants dans le cadre des émeutes le verdict prononcé relevait du Code pénal : activité dangereuse (Art. 228), destruction des biens privés (Art. 316), etc. Quelle justice lorsqu’on sait que les droits de la défense n’ont pas été respectés? Il s’agit en réalité d’une justice expéditive semblable à la justice populaire. N’est pas une remise en cause de l’état de droit ? Un tel état n’existe en réalité que dans les discours présidentiels.
Au regard de cette situation qui prévaut aujourd’hui au Cameroun, malgré quelques récentes mesures adoptées par le gouvernement en faveur de la réduction du coût élevé de la vie, il est important de s’interroger sur son application effective et sa durabilité. Les camerounais ont vraiment faim et soif. Cet état n’est pas uniquement matériel et économique comme certains veulent nous laisser croire. Il est d’abord politique. Le discours présidentiel suite aux récents mouvements d’humeurs, la muselation de la presse et des médias, l’arrestation et la détention abusive, les procès à la kalfkaïnne, la cruauté et la lâcheté des forces de l’ordre et de sécurité le prouvent. Le climat sociopolitique actuel est délétère, notamment avec la rumeur sur une éventuelle modification de la constitution de 1996. Il faut reconnaître que le régime du « renouveau » a encore plus d’un tour dans son sac. Tout est à venir dans le Cameroun des « Grandes Ambitions ». Le bilan matériel de ces émeutes est certes lourd. Il importe toutefois d’orienter notre regard sur l’essentiel.
Nous reprenons en partie ici la lettre ouverte au président Paul Biya par les jeunes de Bonabéri.com de Paris :
« Depuis quelques jours donc, si vous n’en aviez pas connaissance, sachez que cette jeunesse vous a envoyé un signal fort de détresse et d’exaspération depuis Douala, Yaoundé, Kumba, Limbé, Bamenda, Bafoussam, et même depuis Paris à travers ce texte. Le peuple camerounais est fatigué. Fatigué de l’arbitraire et des privations. Fatigué du mépris et de l’arrogance. Fatigué de 25 ans d’illusions et d’incuries. Et il ne compte plus se laisser sacrifier sur l’autel de la mal gouvernance et de l’immobilisme. Il serait salvateur que vous l’intégriez une fois pour toute, M. le Président. »
Libérez les médias et les journalistes ! Libérez les jeunes arrêtés et détenus abusivement ! Libérez l’enseignant Fogoue Engelbert et bien d’autres! « L’apprenti sorcier c’est vous et votre équipe de corrompues gérontocrates ennemis de la patrie ».
Pensons à tous ces nouveaux martyrs de la liberté assassinés lâchement et froidement. Ils ne désiraient qu’une seule chose la Paix et la Liberté totale au Cameroun. Pensons à toutes ses familles endeuillées.
Ô Cameroun Berceau de nos ancêtres. Tu es notre seul et vrai bonheur. Nous nous battrons toute notre vie pour que soit afin une nation fière de ses fils et filles et prospère.


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