Sylvestre Ndoumou
Autant nous avons été attristés par les brutalités dont les Camerounais ont été victimes en Guinée Equatoriale, autant nous nous réjouissons de la Naissance
Les récents événements survenus en Guinée Equatoriale, nous dévoilent ce qu'est devenu notre pays, et en même temps, ce que, individuellement, chacun d'entre nous est. La démobilisation a gagné les rangs. De nombreux citoyens ne croient plus en rien. Ils n'ont plus la conviction que leur pays le Cameroun est le lieu par excellence où ils peuvent trouver les meilleures conditions d'épanouissement. En réalité, l'environnement n'incite guère à l'optimisme. Ici et là, l'on ne nous annonce que des nouvelles apocalyptiques.
Le calvaire des sans emploi et chômeurs ne fait que s'accentuer. Des milliers de jeunes scolarisés accèdent peu aux études supérieures. L'infime partie qui réussit à décrocher un parchemin universitaire est plutôt vouée à la foule des diplômés sans emploi qu'au monde du travail. Des jeunes pourtant promus à un bel avenir attendent désespérément une hypothétique embauche, et finissent par sombrer dans la drogue et le grand banditisme. Les affaires de détournements de fonds publics sont presque quotidiennes.
Les structures du péché poussent comme des champignons dans un environnement où la perversion ne suscite plus aucune indignation. Dans ce décor bien sombre, les jeunes sont prêts à tout pour essayer de se construire un avenir, même s'il faut risquer sa vie sur les routes périlleuses d'une Guinée Equatoriale qui respire et transpire une xénophobie bavante à l'égard des étrangers.
Il n'est pas malhonnête de dire que la jeunesse camerounaise est délaissée à elle -même. Mais d'un autre côté, il n'est pas faux de dire que les jeunes n'acceptent pas l'effort et la souffrance qui conduisent vers le vrai bonheur. Et pourtant, nous devons agir pour obtenir ce que nous n'avons pas. Les Camerounais doivent se mobiliser pour construire eux-mêmes leur bonheur. Ce n'est pas en Guinée Equatoriale que se trouve notre bonheur.
C'est ici au Cameroun et nulle part ailleurs ! Si nous nous résignons à attendre tout de ce gouvernement qui ne nous nourrit que d’illusions, alors un bel enfer nous est destiné. Si notre maison est envahie par les moustiques et les cafards, devons-nous la déserter ? Au contraire, ce que nous devons faire, c'est de nous donner les moyens de nous procurer un bon insecticide pour libérer notre demeure de ces bestioles, et faire à nouveau de notre maison, un lieu où il fait bon vivre.
Regardons autour de nous. Nous avons des possibilités de créer notre bonheur. Le taxi moto nourrit son homme ; l'agriculture est une source immense de revenus ; des milliers de Camerounais vivent grâce au commerce informel. Saisissons notre bonheur là où c'est possible. Au moment où nous célébrons la fête de la Nativité

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