Abbé Martin Nag Iked
Entendons-nous bien ! De quoi s'agit-il ? Il n'est pas encore crée au Cameroun un institut qui s'appellerait Ecole de l'Espérance, et qui recruterait des Camerounais désireux de se former à une si grande, belle et noble vocation qu'est l'espérance véritable. L'Ecole de l'Espérance, ici, c'est le sentiment que laisse à L'Effort camerounais une lecture attentive de larges extraits de la seconde Encyclique de Benoît XVI, SPE SALVI.
Le Pape a en effet publié le 30 novembre 2007, comme pour nous introduire au temps de l'Espérance qu'est l'Avent, une abondante Lettre Encyclique qui aborde de façon plurielle la vie chrétienne. Elle consiste à vivre les engagements du baptême en assumant au quotidien notre fidélité à Dieu, à travers une foi ardente, une charité rayonnante et une espérance agissante qui devraient caractériser le disciple du Christ, sel de la terre et lumière du monde au sein de l'Eglise et de la société de notre temps.
Notre objectif à travers ces quelques lignes n'est pas de faire l'analyse de toute cette Lettre ni de résumer un enseignement aussi profond. Nous tenons, pour l'essentiel, à attirer l'attention des lecteurs de notre journal sur cet important document du Magistère de Benoît XVI qui, écrivant au monde entier, touche du doigt des problèmes du Cameroun plus que jamais appelé à revenir à Dieu et à construire résolument l'avenir de ses enfants, au prix d'une permanente conversion intérieure.
De fait, si ce message s'adresse à tous les chrétiens et à tous les hommes de bonne volonté, il peut trouver au Cameroun un terrain fertile pour soutenir le courage de notre peuple qui ne sait plus où donner de la tête et qui justement a besoin de trouver des raisons d'espérer comme nous les propose Benoît XVI.
Le Saint Père traite de façon magistrale, des thèmes tels que le mal, le péché, la souffrance, le vrai bonheur, le sens à donner à la vie dans un monde qui doit redécouvrir et intérioriser les valeurs évangéliques pourtant ici et là méconnues ou farouchement combattues. Au Cameroun plus qu'ailleurs peut-être, l'horizon semble bouché, le chômage des jeunes semble imposer un peu partout sa loi, la corruption retrouver ses lettres de noblesse dans un contexte où la justice bat de l'aile.
Nous ne comptons pas seulement des victimes sur des routes devenues des mouroirs et au sein des centres hospitaliers sans soins, mais la terreur de la mort passe facilement du crash d'un avion au rang des compagnons d'armes dont les ennemis insoupçonnés pourraient bel et bien être des frères de la même mère.
Comment espérer des lendemains meilleurs dans ce pays dont quelques nantis citoyens bien connus, ont volé et parqué des milliards de l'Etat ailleurs, au moment où des millions de compatriotes, manquant du minimum pour survivre, sont mobilisés pour clamer haut et fort la légalisation pour une période indéterminée des mandats de structures de péché chez nous ? Il faut demander aux Camerounais d'espérer. D'accord !
Mais au fond, espérer pour attendre quoi d'un système politique qui a montré au grand jour ses profondes limites ? Devons-nous garder un silence complice face à la misère qu'endurent nos populations ? Ne devrions-nous pas tenter quelque chose pour clamer notre droit à la grève et marcher sur les rues pour dire notre faim et notre soif d'eau potable, d'électricité, d'école pour tous, pour plus de justice et de paix ?
La Lettre
de Benoît XVI nous donne l'occasion de poser toutes ces questions qui selon le Pape, trouvent leurs solutions décisives à travers la foi en Jésus Christ qui rend possible l'Espérance au vrai bonheur à chercher à travers la prière, l'engagement pour le respect des droits de l'homme créé à l'image et à la ressemblance de Dieu. Une telle Espérance ne saurait être une utopie pour le disciple du Christ, mais un chemin de croix qui conduit avec assurance à la Résurrection.

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