Interview réalisée par Sylvestre Ndoumou
la Parole la Section RDPC la Commune
Emmanuel Pohowe a cette particularité d'être un chrétien convaincu par
Légende : Emmanuel Pohowe : déterminé !
Vous venez d'être élu 1er Adjoint au Maire de la Commune
Je tiens tout d'abord à remercier L'Effort camerounais pour tout ce qu'il fait pour édifier et éduquer le peuple de Dieu qui est à Douala et au Cameroun. En signe de reconnaissance, je souhaite lui apporter toute ma participation pour que L'Effort camerounais continue sa mission d'évangélisation. Pour revenir à la question que vous me posez, je crois qu'en tant que chrétiens, membres d'une cité, nous devons participer à l'édification de cette société que nous voulons meilleure. Le chrétien ne peut pas rester en dehors de ce champ d'action ; cependant il doit avoir des repères. Mon repère en tant que chrétien, c'est, à la suite du Christ, être objet d'enseignements que le Christ a mis en nos mains par les Saintes Ecritures, Elles qui nous enseignent que nous devons être le sel de la terre et lumière du monde. C'est une mission qui est fondamentale pour tout chrétien, et qui fonde aussi ma motivation politique.
A l'issue de votre élection, vous venez de faire célébrer une messe d'action de grâce. Quelle est la signification de cette manifestation ?
Je me rappelle qu'il y a de cela 17 ans environ, je m'étais engagé sur le chemin politique, et j'ai été vite déçu. J'ai été déçu parce que j'ai rencontré un monde auquel je n'étais pas préparé, et je ne m'étais pas arrimé à Jésus Christ pour pouvoir faire cette mission. J'ai rencontré beaucoup de difficultés, et c'est pour cette raison que je n'ai pas pu aller jusqu'au bout. Conscient de ces difficultés et de mes faiblesses, avant de me lancer dans une nouvelle aventure politique, j'ai décidé de placer Jésus en avant, parce que c'est Lui-même qui a dit qu'Il nous précède en Galilée. Donc, Il est devant, et moi je suis derrière, parce que je veux être un instrument entre ses mains, d'où la volonté de l'exprimer par une messe d'action de grâce.
Les Camerounais ont de moins en moins confiance aux politiciens. De par votre état de croyant, est-il possible de concilier politique et vie chrétienne ?
C'est vrai que c'est très difficile, mais rien n'est impossible à Dieu. En réalité, dans notre société, la politique et la chrétienté se situent aux antipodes, parce que dans l'imaginaire populaire, la politique incarne un monde travesti, un monde où le langage de la vérité a disparu. En ce qui nous concerne nous chrétiens, nous nous rappelons toujours que lorsque Jésus a prié à Gethsémani, il a demandé à son Père de ne pas nous enlever de ce monde, mais de nous préserver du mal. Alors, si nous sommes dans ce monde, nous devons simplement discerner, et savoir rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Cela veut dire que nous pouvons bien concilier les deux. Mais comme c'est difficile, j'ai décidé entre autres, de m'appuyer sur le Compendium de la Doctrine Sociale la Mairie.
Le chrétien étant lumière du monde et sel de la terre, vu que la gestion des Mairies est décriée ici et là, que comptez-vous apporter de plus à la bonne marche de la Mairie
Ce que je pourrais apporter de plus, c'est d'abord ma manière de faire qui s'arrime autour des fondamentaux de l'organisation, de l'éducation et de l'action. Nous avons le devoir de bien organiser pour bien éduquer et mener de bonnes actions. Ce qu'on constate aujourd'hui, c'est que la plupart des gens refusent l'organisation pour se perdre volontairement, et perdre aussi les autres, pour que l'éducation ne soit même plus possible ! Et par conséquent, toutes les actions n'ont pas toujours la portée attendue. Ensuite, je pense mettre certains moyens à contribution. Ces moyens sont : le dialogue, car c'est dans le dialogue qu'on s'informe, et c'est parce qu'on se sera informé qu'on pourra mieux se connaître, et donc fidéliser nos actions, de manière à en tirer profit mutuel, avec toutes les collaborations possibles, toutes les forces vives de la collectivité ou de la Commune. C'est
Concrètement, que ferez-vous pour ramener la confiance entre l'exécutif communal et les administrés ?
Pour ramener cette confiance, je viens de vous dire une des méthodes managériales que nous entendons mettre en place. Mais il faut savoir une chose, le vrai témoignage, c'est nous-mêmes, notre manière de faire. Il faudrait que nous soyons capables d'avoir assez d'énergie pour pouvoir renoncer à ce que nous faisons nous-mêmes de mauvais. Pour être objet de notre enseignement, nous devons renoncer à certains comportements. C'est ce que les populations doivent lire en nous. Lorsque nous aurons renoncé, nous pourrons alors dénoncer légitimement, et les populations nous aideront à dénoncer. C'est donc à ce moment seulement que nous pourrons annoncer le vrai chemin, la vraie démarche, pour pouvoir construire le projet d'humanité de Dieu dans notre Commune. Par expérience quand on travaille pour DIEU et les Hommes ça marche toujours en définitive !
Les Mairies sont souvent considérées comme des lieux de tous les trafics : pots de vins, fabrication de faux actes, etc. Le chrétien qui s'engage comme vous dans un tel milieu malsain, ne court-il pas le risque de perdre sa foi ?
C'est vrai, la corruption et le tribalisme ont suffisamment pollué notre société, et même le monde entier. Mais, par ma foi, je voudrais souligner que rien n'est impossible à Dieu. Cela veut dire que le progrès social et économique doit se faire dans la justice et la paix, pour qu'enfin, il y ait une solidarité des hommes et des peuples. Pour établir cette justice, nous devons actionner dans toutes nos libertés. Cette liberté doit être responsable, parce que si notre liberté n'est pas responsable, alors nous ne pourrons jamais constituer une union autour de nous. Puisque nous sommes à l'ère des grandes ambitions, il faudrait que nos grandes ambitions soient partagées, pour pouvoir s'arrimer à la mondialisation qui, à mon avis, est un système un peu oppresseur pour nous. Mais nous devons nous y arrimer par un changement de rythme couplé d'exigences, de justice et d'efficacité. C'est donc en vivant notre liberté responsable dans l'exercice de nos fonctions que nous travaillerons pour la plus grande gloire de DIEU et épargnerons notre foi.
Sur le plan professionnel vous êtes un homme très sollicité. Comment comptez-vous concilier vos activités professionnelles et vos fonctions politiques ?
Je pense que tout est question d'une bonne organisation, de volonté au travail et de santé, surtout la volonté de toujours faire mieux. Sans cela, il serait difficile de concilier les activités professionnelles et les fonctions à la Mairie. En la Mairie
En tant que chrétien, votre engagement doit certainement être une interpellation à plusieurs égards. Qu'en pensez-vous ?
Ce que mon engagement interpelle, peut se présenter sous forme de message politique. Le message politique que je voudrais laisser transparaître, c'est celui de l'espérance en un changement vrai dans la foi en Christ. Mais cette espérance, c'est pour évangéliser aussi par la politique dans la charité ; une charité que je ne considère pas comme une générosité sans fondement, parce qu'étant le superflu de nous-mêmes. Cette générosité là, je la refuse aussi puisqu'elle génère parfois la mendicité qui nous abrutit. Nous devons lire dans le visage du prochain, le visage de Dieu. Le message politique que je veux transmettre, c'est que le chrétien peut espérer dans ce monde suffisamment pollué, il peut espérer être un Homme débout par la foi en Christ ; Un Homme libéré. Le chrétien ne doit plus se cacher derrière son doigt inquisiteur parce qu'il a peur ; parce qu'il a honte. Il doit prendre part à l'action et à la gestion des affaires de la cité, parce qu'il a un devoir par rapport à cela, et c'est cela qui m'interpelle aussi. C'est un élément déterminant de mon engagement politique.

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