Entretien réalisé par Hubert Etoundi Bialimi
la République. L'une
Le préfet est le représentant local de l'Etat, des ministres et assimilés. Il est ainsi le garant d'une meilleure application des lois et règlement de
Pouvez-vous nous dire quelles sont les missions d'un préfet ?
Au regard des textes de base, à savoir l'article 78/485 du 09 novembre 1978 définissant les missions assignées aux autorités administratives et les organismes qui sont chargés de les assister, le préfet est le représentant local de l'Etat, de ses ministres et assimilés. Il est ainsi le garant d'une meilleure application des lois et règlements de la République. L'une
Ces missions, telles que vous venez de les énoncer sont-elles faciles à assumer dans le département du Wouri ?
Le département du Wouri est principalement logé dans la ville de Douala. Au regard de l'évolution que cette ville a connue avec la reprise du multipartisme au cours des années 1990, je dois avouer que la tâche du préfet qui est celle d'un Etat régulateur n'est pas assez facile à Douala, dans la mesure où une certaine frange de la population se croit tout permis, au point de donner l'impression que nous sommes dans un no man's land où les gens peuvent agir sans se rendre compte de l'existence de la norme, de la règle de droit. Or, dans une ville où cohabitent des milliers de personnes, seule la règle de droit peut permettre de réguler l'action des uns et des autres. Honnêtement, il est difficile de jouer ce rôle à Douala. Toutefois, nous nous employons quotidiennement, à travers la sensibilisation, l'éducation et la formation à orienter les populations à adopter les comportements citoyens. Car, les populations doivent le savoir, l'autorité administrative a fondamentalement pour rôle de sensibiliser, d'éduquer et de former les citoyens. La sanction doit être considérée comme l'ultime recours.
Le préfet est-il assisté dans sa tâche ?
Sur le plan strictement interne, j'ai trois collaborateurs, qui ont pour noms : Bidja Didier, Mbadi Alfred et Besinga Ely, respectivement premier, deuxième et troisième adjoints. Ils m'assistent dans des tâches immédiates et précises que je peux leur confier. J'ai ensuite six Sous préfets. Ils assument au niveau inférieur, celui de l'arrondissement, les mêmes rôles et les missions que j'exerce au niveau départemental. Ils représentent l'Etat au niveau de l'arrondissement, et sont garants de la sécurité des hommes et des biens, ainsi que de l'ordre public. Je dois avouer que tous ces collaborateurs assurent chacun convenablement son rôle en dépit de quelques difficultés environnementales.
Quelle est votre stratégie pour faire passer le message sur la nécessité du respect de l'Etat de droit et de l'autorité de l'Etat ?
Le dialogue, la concertation. Voilà les maîtres mots qui gouvernent et orientent la pédagogie que j'essaie de mettre en mouvement dans le département du Wouri. Il est beaucoup plus question aujourd'hui, et vous devez le comprendre, de faire adhérer les populations aux actions engagées par l'Etat qui est désormais plus un Etat régulateur qu'un Etat partenaire et même facilitateur. Il faut donc éclairer l'ignorance des populations. Au -delà de la sensibilisation, de l'éducation et de la formation évoquée plus haut, il faut se mettre à l'épreuve de la patience et de la tolérance qui, dans les Etats modernes, sont des armes efficaces capables de changer à court et à long terme, les comportements. Et je crois que cette mutation commence à prendre corps à Douala, et que les choses changeront progressivement.
On note aujourd'hui la recrudescence des mouvements contestataires qui s'attaquent aux symboles de l'Etat. Les cas récents d’Abong -Mbang et de Kumba sont encore présents dans les esprits…
Je dois vous faire remarquer que la crise dont vous faites état n'est pas propre au Cameroun. Elle est mondiale et plus amplifiée dans les pays en développement victimes de la crise économique qui a pour conséquences la pauvreté et la misère ambiante. Dans ce contexte, l'Etat de droit a de plus en plus des difficultés à s'imposer. Les populations veulent se constituer en une force qui s'oppose à l'ordre établi par la revendication de ce qu'elles considèrent comme leurs droits bafoués, et du coup, accusent l'Etat qui ne peut plus répondre à toutes les sollicitations. Or l'Etat fait des efforts, et il revient aux populations de participer à tous les niveaux de l'action publique pour l'amélioration des conditions de vie et un bien- être de tous. Je pense qu'il faut quitter la logique qui consiste à envoyer les forces de l'ordre vers les populations, au risque des confrontations, et cultiver plutôt le dialogue entre ces forces de maintien de l'ordre et les administrés, parce notre mission est celle de la défense et de la protection.
Dans les chantiers en cours dans la capitale économique, la préfecture a-t-elle un rôle à jouer ?
La Préfecture la Communauté Urbaine
Avez-vous un dernier mot ?
La grandeur des nations réside dans la capacité des citoyens et leur disponibilité à respecter les lois et règlements en vigueur. Les plus grands pays au monde sont ceux où les citoyens respectent les lois qu'ils se sont librement données. C'est ce qui fait l'harmonie sociale, et crée le fonctionnement normal des institutions et de toutes les structures. C'est dans ce cadre que je souhaite que nous puissions tous, dans ce pays, respecter les lois établies, et avoir la crainte de Dieu. Car, les normes elles-mêmes sont issues en grande partie de la Bible. Nous

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