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Un nouveau médicament pour lutter contre le plasmodium falciparum, vecteur du paludisme

Claude Zéba 

Le Coarsucam est un ensemble de six comprimés bon marché qui traite en trois jours les accès palustres. Il a été présenté au public camerounais la semaine dernière au cours d'un point de presse tenu  à Douala,  puis lors de  deux symposiums organisés  à Yaoundé et à Douala respectivement les 7, 12 et 13 septembre. 

Il est de notoriété publique que de toutes les maladies qui donnent le tournis aux gouvernements des pays du Tiers Monde et à ceux de l'Afrique subsaharienne en particulier, on cite le paludisme, talonné de près par le VIH/SIDA et la tuberculose. Une pathologie pernicieuse dont les infections sont dues à un agent parasitaire, le Plasmodium falciparum, inoculé à l'homme essentiellement par une piqûre de l'anophèles et accessoirement par voie sanguine (transfusion sanguine) et transplacentaire, soutiennent les professionnels de la santé.

Il est à l'origine du décès d'un enfant toutes les 30 secondes en Afrique. Avec une perte sèche d'environ 12 milliards de dollars par an pour le continent africain. Perte due aux arrêts de travail résultant des crises de paludisme.

Au Cameroun, le paludisme ou malaria, est classé depuis fort longtemps, problème de santé publique majeur. Parce que, disent les experts, il demeure l'endémie majeure et la première cause de morbidité et de mortalité dans les groupes cibles les plus vulnérables (enfants de 0 à 5 ans et femmes enceintes).

Au Ministère de

la Santé Publique

, on s'accorde à dire qu'il représente depuis plus d'une dizaine d'années 45 à 50% des consultations médicales, 23% des hospitalisations, 26% des arrêts maladie, 40% des décès chez les enfants de moins de 5 ans,  35% de la mortalité dans les formations hospitalières. Sur le plan budgétaire, il engloutit à lui seul,  près de 40% du budget annuel de santé des ménages.

Pire, le plasmodium falciparum était devenu résistant aux antipaludéens existants (Chloroquine, Nivaquine, le Quinimax, le Paluther et l'Arsumax,…). De même, les méthodes préconisées en vue de la prévention de la maladie, tel l'usage des moustiquaires imprégnées d'insecticide (MII), ont montré leurs limites sur le continent.

Suffisant pour déclencher l'alerte maximale dans les milieux de la santé. Ce qui a permis au consortium constitué du laboratoire pharmaceutique Sanofi-Aventis, et la fondation DNDI (Drugs for Neglicted Diseases Initiative) de parvenir à la formulation, l'enregistrement, la production, la distribution et la promotion d'un nouveau produit contre le paludisme, le Coarsucam. Et ce, depuis 2006. Selon les experts, ce médicament est une composition médicamenteuse (associant un dérivé d'artémisinine et l'amodiaquine) que l'OMS considère comme le traitement le plus efficace et le mieux indiqué à l'heure actuelle contre le paludisme.

Surtout que pour le chef de service des maladies infectieuses au Centre hospitalier universitaire Yalgado-Ouédraogo (CHUYO) au Burkina Faso, le Dr Rigobert Thiombiano,  " l'apparition des résistances (résistance apparue au Cameroun pour la première fois en 1985 dans la ville de Limbé dans le Sud-Ouest, Ndlr) des plasmodiums aux principaux antimalariques constitue un problème majeur de santé dans nos pays. Un moyen efficace pour lutter contre ce problème est d'utiliser des associations médicamenteuses ".

Le coordonnateur médical d'Afrique centrale de Sanofi-Aventis, Fifon Inoussa, estime que " le Coarsucam répond à ces exigences des médecins de disposer de traitements efficaces plus facilement observables et de qualité pour leurs patients ". Même son de cloche pour Aboubacar Tio-Touré, directeur des opérations de Sanofi Aventis Afrique centrale, qui pense pour sa part que le Coarsucam est une innovation qui est efficace et bon marché, avec une posologie simple (un comprimé par jour pendant trois jours chez l'enfant de moins de

36 kg

, et deux comprimés par jour chez l'adolescent à partir de

36 Kg

et l'adulte, pendant trois jours).

D’un point de vue purement technique, le Coarsucam correspond aux normes internationales de production et de stockage, et répond aux bonnes pratiques de fabrication. Le Coarsucam a par ailleurs, l'avantage d'être apprécié  par l'Organisation Mondiale de

la Santé

(OMS), et de répondre à ses recommandations émises en 2001 et actualisées en 2006, concernant les associations à base d'artémisinine (Artémisinin-base combinaison thérapies (ACT)), afin de prévenir le développement des résistances.

La sortie de ce médicament constitue pour nombre de pays africains et pour le Cameroun en particulier, un réel motif d'espoir, en ce sens que depuis toujours, le Cameroun participe à toutes les initiatives de lutte contre le paludisme. Comme en témoigne son adhésion à l'initiative " Faire Reculer le Paludisme " (FRP) ou en anglais " Roll Back Malaria " (RBM) lancée en 1998 par l'OMS, ainsi qu'à la " Déclaration d'Abuja " du 25 avril 2000 pour la lutte contre le paludisme, qui devrait lui permettre de sortir, à moyen ou à long terme, de ce fléau.

Outre les pays qui fabriquent le Coarsucam (Maroc, Sénégal et Afrique du Sud), on le trouve également au Burkina Faso, au Gabon, au Congo, en Côte d'Ivoire et à Madagascar depuis avril 2007, et bien sûr depuis peu au Cameroun.

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