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« Réorganisation du Gouvernement | Accueil | Editorial : La guerre froide des élections manquées »

La feuille de route du nouveau gouvernement est connue

Claude Zéba

Relancer la croissance, impulser une nouvelle dynamique au progrès social et tordre le coup à la corruption. Telles sont les missions que le Président de

la République

, Paul Biya, vient d'assigner à la nouvelle équipe gouvernementale dirigée par le Premier Ministre, Ephraim Inoni.

Le Cameroun vient de se doter, à la faveur des décrets N° 2007/268 et N° 2007/269 du 07 septembre 2007, d'un nouveau gouvernement. Un gouvernement que bon nombre d'analystes politiques ont tôt fait de qualifier de " gouvernement de la relance économique ". Se fondant sur sa composition avec, comme diraient les anglo-saxons, " The right man at the right place ".

Les postes clés sont désormais attribués soit aux hommes ou aux femmes du métier, soit aux technocrates à la technicité et à la compétence avérées. C'est ainsi que Essimi Menye Lazare, l'ancien haut cadre du FMI et ancien collaborateur de l'ex ministre de l'Economie et des Finances, Polycarpe Abah Abah, a hérité des Finances, après l'éclatement du Ministère de l’Economie et des Finances (MINEFI). Le nouveau Ministère de l'Economie, de

la Planification

et de l'Aménagement du territoire revenant à l'ex métronome de

la CNPS

, Louis Paul Motaze qui s'est bâti une réputation sociale sur les restes d'une entreprise que l'on disait très riche mais qui ne reversait presque rien aux retraités sous la direction de Pierre Désiré Engo.

Biyiti Bi Essam Jean Pierre, journaliste de formation, en service au MINPOSTEL jusqu'à sa promotion le 7 septembre dernier en qualité de Secrétaire général, trône quant à lui à la tête du Ministère de

la Communication. Un

Ministère dont on dit être à la dimension de l'homme. L'autre promotion qui ne passe pas inaperçue est celle de la benjamine de la famille Muna qu'on ne présente plus, Ama Tutu Muna, linguiste de formation, promue ministre de

la Culture

en lieu et place de l'auteur de Le Vieux nègre et la médaille, Léopold Ferdinand Oyono. Elle servait déjà dans le gouvernement du 22 septembre 2006 comme Secrétaire d'Etat au Ministère du Commerce.

Les autres promus, Eyebe Ayissi Henri, ministre des Relations Extérieures ; Ndanga Ndinga Badel, ministre de l'Industrie, des Mines et du Développement technologique ; Gounokou Haounaye, ministre des Transports ; Mama Fouda André ministre de

la Santé

publique ; Anong a Dibeme Pascal, ministre des Domaines et des Affaires foncières ; Yaouba Abdoulaye, ministre délégué auprès du ministre de l'Eonomie, de

la Planification

et de l'Aménagement du Territoire ; Titti Pierre, ministre délégué auprès du ministre des Finances ; Atanga Nji Paul, ministre chargé de mission à

la Présidence

,… sont présentés comme de vieux briscards qui ont roulé leur bosse dans la haute administration de ce pays.

 

Et pendant que les spéculations allaient bon train, de même que la fête dans l'entourage des " élus ", le Chef de l'Etat est venu mettre un terme à l'euphorie qui s'était emparée du pays à la suite du réajustement de l'équipe gouvernementale du 7 septembre dernier, en convoquant, en date du 12 septembre 2007, le traditionnel Conseil des ministres au Palais de l'Unité. Conseil au cours duquel il a donné des orientations aux membres du gouvernement. 

L'ensemble des Camerounais apprenait alors ainsi que le Président Biya attend de ses collaborateurs qu’ils s’investissent  dans  la relance de la croissance gage de toute prospérité, qu’ils stimulent le progrès social à tous les niveaux, et enfin, qu’ils  intensifient la lutte contre la corruption. Concrètement, le Chef de l'Etat en appelle, pensent les observateurs, à la gratuité des services publics et de l'Enseignement de base, comme le recommandent les textes de l'Etat, à une lutte sans merci contre l'inertie administrative et le laxisme débouchant sur la non consommation des crédits, à " développer les avancées déjà réalisées dans nos systèmes éducatif et de santé et de reprendre progressivement le recrutement dans les services publics où les besoins sont évidents ". Bref, à veiller au bien-être de tous les Camerounais.

Des consignes qui résonnent dans les oreilles averties comme le tocsin de la fin de la recréation. 

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