AFFAIRE CAMSWEM CONTRE LA SGBC : Le rôle trouble de l'avocat français Guillaume AMIGUES
Père Antoine de Padoue Chonang
Décidément, ce feuilleton kafkaïen n'a pas encore fini de livrer ses curiosités. En déclenchant médiatiquement le rebondissement de cette affaire il y a trois mois, nous prenions à témoin un avocat bordelais, dont la correspondance du 5 mars 2004 au Directeur Général de la CAMSWEM, M. Isaac DJOKWE, était sans équivoques, dans la mesure où elle établissait sans l'ombre d'aucun doute la culpabilité avérée de la SGBC, et sollicitait de sa victime un mandat ferme pour "engager une procédure contre LA SOCIETE GENERALE EN FRANCE, en raison des malversations commises par la Société Générale des Banques au Cameroun (SGBC)... et pour demander réparation du préjudice causé par la SGBC".
Sous le titre: "Affaire CAMSWEM contre la SGBC:Un cabinet français s'implique", nous publiions ladite lettre dans L'Effort camerounais n° 401 en page 3. En voici la teneur: :(Voir lettre 1) Le 31 mars, il revenait à la charge, de façon plus concise, et avec une insistance accrue: (Voir lettre 2) Enfin, le 21 mai 2004, il accusait chaleureusement réception de toutes les pièces du dossier en ces termes: (Voir lettre 3) Et depuis lors, plus rien! Qu'est-ce qui peut bien justifier le silence soudain de ce chevalier servant et empressé de la JUSTICE de l'Hexagone (corps qu'on nous dit pourtant auréolé là-bas de la Palme d'Or de l'Intégrité, au contraire de son Homologue du Cameroun, universellement fiché comme le parangon de la Corruption)? Pourquoi, malgré notre interpellation précise par e-mail, garde-t-il un mutisme obstiné? Est-ce parce que, comme l'alléguait notre agresseur,"le dossier était indéfendable"?
Allons donc! Ce serait faire injure à la haute stature intellectuelle et professionnelle de cet éminent homme de loi… En effet, qui est Guillaume AMIGUES? C'est un avocat à la Cour - l'en-tête de toutes ses correspondances faisant foi ! (Et n'est pas avocat à la Cour qui veut, mais qui peut...) - docteur en droit de son état, donc un auguste membre du Barreau. Son analyse froide et objective de la situation, d'une rare pertinence, fondée sur les décisions incontestables de la justice camerounaise - décisions finalement reconnues par le coupable, après des décennies de louvoiements d'autruche - est un chef-d'oeuvre en la matière. Comme nous le relevions plus haut, elle prouve à suffire, et de façon irréfutable, non seulement la qualité de délinquant foncier de la SGBC, mais encore le caractère éminemment "défendable" du dossier. A l'exemple de LA JUSTICE qui, selon le jargon du métier "est aveugle", M. AMIGUES est prêt à faire dire le droit, même envers et contre son propre pays la France, dont il reconnaît explicitement l'implication, à travers la Société Générale de France, qu'il est déterminé à ester en justice, et dont le Directeur Général n'est autre que Daniel BOUTON (que nous avions aussi interpellé en vain!).
Que s'est-il donc passé entre-temps, pour que ce dossier, éminemment défendable, comme nous venons de le souligner, soit brusquement classé sans suite? Sans vouloir faire un procès d'intention à l'honorable Maître, force est de reconnaître que son désistement en douce, mais effectif et sans appel, après son harcèlement du DG de CAMSWEM aux fins de se saisir du dossier juteux, arrange à tout le moins les affaires (louches) de la SGB, qu'elle soit C (Camerounaise) ou F (Française). Pour ne pas dire que son silence est tout simplement complice... Mais alors, dans quel intérêt a-t-il pu agir ainsi? Car, il est bien connu, l'adage qui stipule: "Pas d'intérêt, pas d'action"! Dans quel intérêt donc un avocat assermenté, issu de - et exerçant dans - un pays que le poète qualifiait jadis, entre autres, de "la Mère des LOIS", s'est-il soudainement érigé en protecteur du bourreau contre la victime ? Quelle " motivation " (dans tous les sens français et africain du terme!), a bien pu l'amener à faire volte-face, pour abandonner sans états d'âme la brebis dans la gueule du loup, tout en sachant pertinemment qu'il l'exposait, d'une part, à une mort certaine, et s'exposait, de l'autre, au délit d'abus de confiance aggravée, et au crime suprême de non-assistance à personne en danger? "Tu ne tueras point !", avait dit le Créateur. " Non assistance a personne en danger ! ", proclame le juge. Pour enfreindre un commandant aussi formel et un impératif aussi catégorique, il faut que l'enjeu ait été de taille, et la contrepartie, fort substantielle.
Car, au vu des correspondances fort argumentées publiées ci-dessus, rien, mais alors absolument rien n'explique le soudain revirement et les basses manoeuvres de Maître Guillaume AMIGUES pour faire taire le dossier explosif CAMSWEM#SGBC, sinon une collusion SGBC#AMIGUES. Car, "une bouche qui mange ne parle pas", dit-on... Partant de ce constat, et sans verser dans les généralisations abusives, on est fondé à se poser des questions sur le degré d'objectivité des avocats français, généralement si bavards, et si prêts à indexer et à dénoncer. Ne sortent-ils leurs langues de leurs poches que lorsqu'il s'agit de vilipender les africains " tous corrompus " à leurs dires, et d'épingler leurs dirigeants, pour les rempocher aussitôt, lorsqu'il s'agit des intérêts maffieux français? Dans ce cas, quel crédit leur accorder désormais ? Que l'on n'aille surtout pas nous dire que c'est un usurpateur, inconnu au bataillon ! Sa carte de visite, emphatiquement concise et précise, prouve bien qu'il est un homme du sérail! Il est illusoire de penser qu'il s'agit là d'un cas isolé, car, pour que la tactique "marche" ici, il faut bien qu'elle ait été testée (positive) en d'autres circonstances, et convenablement huilée dans le même échantillonnage! Qu'en pense Tranparency International, dont les yeux de lynx ne semblent scruter que les magistrats africains, et plus particulièrement camerounais?
En tout état de cause, qu'elle le veuille ou non, la SGBC doit édifier l'opinion nationale et internationale, non seulement sur la destination prise par les fonds détournés sur le dos de la Cameroon Sporting Wear Manufacturer - qui, à ce qui nous revient depuis que nous avons exhumé ce dossier nauséeux des fanges de l'histoire, n'est pas sa seule victime, loin s'en faut! - mais encore sur ses relations troubles avec les magistrats de siège et/ou du barreau, que ce soit au Cameroun ou en France ! Car, à l'analyse de certains verdicts inqualifiables, rendus après des manoeuvres dilatoires incompréhensibles, à voir la technique consommée de musellement de certains défenseurs de la Justice, on frémit tout simplement! Qu'on nous permette de marteler haut et fort: il ne s'agit pas d'une erreur sur quelques broutilles, mais du détournement de plusieurs centaines de millions au préjudice, non seulement de son client qu'il prétendait goujatement parrainer, et qu'il a conduit insidieusement à la ruine, mais encore des Etats de la sous-région, membres de la Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC)! L'on comprend dès lors pourquoi la SGBC, dans sa filouterie innommable, refuse à ce jour de délivrer le listing et l'historique du compte de la Cameroon Sporting Wear Manufacturer SGBC-BEAC-SGBC, car, elle sait très bien ce à quoi cela l'expose!
Mais, ce dilatoire de mauvais aloi n'est qu'une bombe à retardement, qui éclatera inévitablement le moment venu. Que dis-je, elle est même déjà dans sa phase d'ignition ! Car, au vu de la conjoncture socio-politique de l'heure, et s'il faut croire à la détermination du Chef de l'Etat, Son Excellence Paul BIYA, de faire " rendre gorge " aux fossoyeurs de l'économie nationale, en combattant " sans faiblesse " la gangrène de la Corruption, qui, à travers de telles structures, a depuis longtemps phagocyté tout le tissu social, et mis le Cameroun à genoux, nous sommes persuadé que tôt ou tard, l'Epervier - s'il n'est pas déjà en action de ce côté-là - ne tardera pas à y lancer ses regards scrutateurs et à y déployer ses serres impitoyables, afin que, avec ou sans AMIGUES, une véritable "procédure soit engagée contre la SGBC/SGBF en raison des malversations commises par la SGBC, et pour demander réparation du préjudice causé par la Société Générale des Banques au Cameroun".




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