Eradication totale du ver de Guinée au Cameroun
Sylvestre Ndoumou

Selon les autorités de notre pays, le ver de Guinée, connu sous le nom scientifique de Dracunculus medinensis est totalement éradiqué du triangle national. Le ministre de la Santé Publique, Urbain Olanguena Awono a en effet reçu la lettre de certification d'éradication des mains de la Représentante résidente de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à Yaoundé, Mme Hélène Mambu-ma-Disu.
Le ver de Guinée est un grand nématode (ver rond), dont le nom latin est Dracunculus medinensis et que l'on ingère en buvant de l'eau contaminée, que l'on trouve généralement dans les eaux infestes des marécages et des rivières insalubres des villes, et des zones rurales. Au Cameroun, les provinces du Sud-Ouest et de l'Extrême Nord ont été identifiées comme étant les principales zones où cette maladie a beaucoup sévi. C'est donc une grande victoire que le Cameroun vient de remporter au moment où quelques pays africains se battent encore pour vaincre la maladie. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a affirmé que 12 pays dont 11 appartiennent au continent africain, ont éradiqué le ver de Guinée. Les 12 pays cités par l'OMS sont les suivants : Afghanistan, Sierra Leone, Liberia, Djibouti, Tanzanie, Zambie, Gabon, Swaziland, Mozambique, Cameroun, Algérie et République Centrafricaine (RCA).
L'Organisation Mondiale de la Santé indique que "le monde sera débarrassé de cette maladie parasitaire dans les deux prochaines années". Elle a précisé également que si au début des années 80, trois millions de personnes souffraient de la maladie, elle ne touche aujourd'hui "que" 25.000 personnes environ, le Soudan et le Ghana étant les pays les plus durement touchés. Ces deux pays renferment respectivement 20.000 et 4.000 cas. "Le ver de Guinée provoque d'importantes ulcérations de la partie inférieure de la jambe qui peuvent enfler pour atteindre la taille d'une balle de tennis et se percer, libérant un ver parasite ayant la forme d'un spaghetti, long, dans certains cas, de 0,8 mètre", explique-t-on. Les douleurs cuisantes obligent souvent les malades à sauter dans les points d'eau les plus proches, qui sont parfois les seules sources d'eau de boisson à la disposition de leurs communautés.
Le ver libère alors des milliers de larves, qui sont ingérées par les puces d'eau, vecteurs de la maladie. "En fait, toute personne qui boit cette eau boit la maladie", constate l'OMS dans son communiqué, tout en notant que la douleur causée par le ver de Guinée empêche parfois les agriculteurs de mener une vie normale et les enfants d'aller à l'école pendant plusieurs mois. "La maladie garde ses victimes prisonnières d'un cycle de douleur et de pauvreté", note le document. L'OMS a ensuite révélé qu'elle avait intensifié ses efforts afin de contenir l'infection et mis un terme à la propagation de la maladie, faisant référence aux mesures prises pour protéger les sources d'approvisionnement en eau, filtrer l'eau de boisson et tuer les puces d'eau, des initiatives entrant dans le cadre de sa politique de lutte contre la propagation de cette maladie. La Commission pour la Certification de l'Eradication de la Dracunculose (ver de Guinée), un organisme d'experts scientifiques mis sur pied par l'OMS, a déclaré 180 pays libérés du ver de Guinée depuis 1995 et ambitionne d'éradiquer cette infection d'ici à l'année 2009.
Source : l'OMS




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