GRIPPE AVIAIRE : Le gouvernement calme le jeu dans le Grand Nord
Claude Zéba

Le souvenir des ravages causés l'an dernier par l'annonce de la présence de la grippe aviaire au Cameroun est encore vivace dans les esprits. Et le décès récent d'un nigérian des suites de cette épizootie a remis le fer dans une plaie qui peine encore à se cicatriser. D'où la nécessité pour le gouvernement et l'UNICEf d'entamer une campagne d'informations et de sensibilisation de la population. En commençant par le Grand-Nord réputé entretenir des rapports commerciaux trop étroits avec le Nigeria, pour parer à toute éventualité.
Un vieil adage de chez nous ne dit-il pas que lorsqu'on a été mordu par un serpent, on se méfie d'une liane qui traîne dans la pénombre ? Le Cameroun comme le reste du monde, a souffert des méfaits de la grippe aviaire(ou grippe du poulet ou encore influenza aviaire). Pendant que la population s'en remet tout doucement, les médias annoncent à nouveau un cas de décès humain survenu récemment au Nigeria voisin et plus de 18 000 volailles exposées à la maladie en Afrique. De quoi susciter l'empressement des autorités à vouloir circonscrire ou minimiser l'impact du phénomène.
Ce d'autant plus que la psychose causée par cette maladie l'an dernier, aux conséquences socioéconomiques incommensurables, est encore fraîche dans les mémoires. Notamment dans le Nord et l'Extrême-Nord particulièrement touchés par la maladie. En effet, depuis la semaine dernière l'Unicef et les responsables provinciaux du ministère de la Communication (MINCOM) ont entamé une série de campagnes d'informations et de sensibilisation contre cette épizootie. Campagnes qui devraient les conduire de Ngaoundéré à Garoua en passant par Maroua où on a enregistré, la saison dernière, quelques cas de morts d'oiseaux ou de poules des suites de grippe aviaire. Et cette action, apprend t-on des promoteurs, devra durer tout le mois de mars courant.
Il s'agit, pour les organisateurs, de transmettre la bonne information aux hommes de médias, aux cadres de la Santé, des Affaires sociales, de l'Education et autres relais communautaires, sur la prévention et la lutte contre cette épizootie. Ceux-ci devront à leur tour aider la population de cette zone cible à adopter des comportements favorables à la prévention et éventuellement à la limitation de l'expansion de cette maladie en cas d’infection. Il est aussi question, contrairement à ce que répand la rumeur, d'encourager la consommation de la volaille et des produits dérivés. Tout en respectant les règles d'hygiène prescrites en ce domaine. La mission des médias étant de transmettre aux populations une information exacte, vraie et sans rumeur ni fioriture.
Connaître l'épizootie
La grippe aviaire est une pathologie provoquée par des virus grippaux de type A, et en particulier les sous-types H5, H7 et H9. Cette infection touche principalement la volaille et est généralement asymptomatique (susceptible de transmission) chez les oiseaux sauvages, mais peut devenir fortement contagieuse et entraîner une mortalité extrêmement élevée dans les élevages industriels de poulets et de dindes, d'où le nom de " peste aviaire ". Le virus influenza aviaire peut parfois infecter d'autres espèces animales comme le porc et d'autres mammifères, avertissent les experts. Le virus de la grippe aviaire H5N1 a été repéré pour la première fois en 1997, lors d'une épidémie à Hongkong. Il avait alors causé la mort de six personnes. Il est réapparu fin 2003, provoquant d'abord des épizooties chez les volailles dans plusieurs pays d'Asie, suivies des premiers cas humains. Il entré sur le continent noir par l'Egypte puis le Nigeria. Avant d'attaquer la partie septentrionale du Cameroun. Il est à l'origine de plus de 165 décès humains à travers le monde. Aucun cas de décès humain n'a été signalé au Cameroun jusqu'à ce jour.
Se prémunir et se soigner de la grippe du poulet
Comme pour tout autre pandémie, la prévention de la grippe aviaire se fait par la prise d'un vaccin "anti-pandémique" (qui n'est toujours pas disponible) contre les souches de virus grippaux humains les plus récents. Toutefois, la prévention de grippe aviaire paraît beaucoup plus délicate. Puisqu' il faut entre 6 et 8 mois pour développer un vaccin, d'où l'importance des traitements antiviraux pour combattre la pandémie dans un premier temps. S'il n'existe pas aujourd'hui de vaccin, il existe en revanche deux antiviraux efficaces contre les virus grippaux " classiques " ou aviaires. Ces molécules (la neuraminidase) inhibent l'activité d'une enzyme du virus. Elles peuvent être utilisées en traitement curatif, et l'une d'elle en traitement préventif. Mais étant donné que le virus de la grippe aviaire se propage en général au contact avec des oiseaux infectés.
L'une des principales mesures de sécurité pour endiguer la maladie consiste à observer de bonnes pratiques d'hygiène. Cela suppose qu’à partir du moment où la présence du virus de la grippe aviaire a été signalée dans un pays, toutes les personnes travaillant dans le secteur avicole doivent prendre des mesures d'hygiène supplémentaires afin d'éviter de véhiculer le virus et l'empêcher de se propager s'il s'est déjà installé dans un élevage, dans un village ou dans une région. Ces mesures consistent en un abattage et une incinération systématiques des volailles infectées ou ayant été en contact avec celles-ci. Les professionnels des métiers de la santé en charge des malades de la grippe aviaire, sont encore plus soumis à ces mesures d'hygiène. Entre autres mesures préventives à prendre, cuire à point la volaille et toutes ses dérivées, se rendre au centre de santé le plus proche en cas de fièvre, de maux de tête, de toux consécutifs à un contact avec des oiseaux sauvages ou domestiques.




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