Pour une presse libre et responsable
Claude Zéba

Le monde entier a été interpellé ce 3 mai, comme chaque année, sur la nécessité d'une presse libre pour un monde plus juste et plus démocratique. Les professionnels des médias proposent au public dans le cadre de cette XVIème édition de la Journée mondiale de la liberté de la presse, une série de manifestations afin de marquer d'une pierre blanche l'événement.
L'ensemble des travailleurs des médias de la planète célèbre ce jour 3 mai, la XVIième Journée mondiale de la liberté de presse.
Au Cameroun l'événement se célèbre sur fond de procès, en cascades, intentés contre Le Front, La Météo, La nouvelle Afrique et Aurore Plus par les caciques du pouvoir, pour diffamation, au lendemain de la publication en février dernier par ces journaux des listes des présumés homosexuels et des fonctionnaires soupçonnés d'indélicatesse avec la fortune publique.
On se souvient que dans cette logique un projet de loi devant modifier et compléter certaines dispositions de la loi n° 90/052 du 19 décembre 1990, relative à la liberté de la de communication sociale, dont le but inavoué était de museler la presse, avait été introduit avant d'être retiré, au cours de la session parlementaire de mars dernier.
L'autre centre d'intérêt sera, sans nul doute, les échanges sur « la nouvelle vie de la carte de presse » qui fait jaser les pro et les détracteurs de cette carte. Si l'on s'en tient au message délivré le 12 avril dernier par le président de la Commission de délivrance de la carte de presse, Richard Ekoka Sam Ewande, au cours d'un point de presse donné à Yaoundé, les cartes d'identification des journalistes en circulation ne seront plus valables après la prochaine session de la Commission, prévue pour le 10 mai prochain.
Dans la capitale économique, l'Organisation camerounaise pour la liberté de la presse (OCALIP), a organisé ce 3 mai 2006 au complexe «La Riviera», en collaboration avec l'Union des Journalistes du Cameroun (UJC) une table ronde sur le thème «Liberté de la presse au Cameroun : enjeux et défis actuels».
Les organisateurs justifient le choix de ce thème par le fait que «la liberté d'expression n'est jamais véritablement un acquis -le récent projet de loi sur la communication sociale en est une des preuves-, l'OCALIP entend sensibiliser l'opinion sur les enjeux de la liberté de la presse pour le développement d'un pays comme le Cameroun.
Elle compte fédérer les médias autour d'idéaux qui puissent fonder une démocratie vivante»,
A l'échelle mondiale
Sur le plan international, il s'est tenu du 1er au 3 à Colombo au Sri Lanka, la conférence annuelle de l'Unesco sur le thème « Médias, développement et éradication de la pauvreté».
Cette rencontre de deux jours a vu la participation des professionnels de la plume et du micro, des organismes internationaux ainsi que des universitaires. Le hème de cette année trouve sa justification dans le fait que les agences d'aide au développement, les organisations non gouvernementales ainsi que les représentants des états, s'accordent à dire que les médias libres ainsi que l'accès à l'information jouent un rôle essentiel, facilitant l'implication locale des pauvres.
En outre, la liberté d'expression est un droit de l'homme au cœur de l'approche de la réduction de la pauvreté, servant de tremplin et de catalyseur pour la réalisation de tous les autres droits de l'homme fondamentaux.
A l'occasion, un Prix -d'un montant de 25 000 dollars- financé cette année par la Fondation Cano James et David Ottaway, respectivement ancien reporter du Washington Post et ancien Président du World Press Freedom Committee, et l'UNESCO sera attribué à la journaliste libanaise May Chidiac lauréate 2006 du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano.
Créé en 1997 par le Conseil exécutif de l'UNESCO, ce Prix est destiné à mettre en valeur le travail d'une personne, d'une organisation ou d'une institution défendant ou promouvant la liberté d'expression n'importe où dans le monde, surtout si cette action a mis sa vie en danger.
Le Prix porte le nom du journaliste colombien Guillermo Cano assassiné en 1987 pour avoir dénoncé les activités des puissants barons de la drogue de son pays. Les candidats sont proposés par les Etats membres, des organisations régionales ou internationales qui assurent la promotion de la liberté d'expression.
« Une violation de la liberté de la presse, selon une définition de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), c'est la balle de l'assassin destinée à tuer un journaliste d'investigation, à intimider et à faire taire ses collègues. C'est le coup sur la porte porté par la police, qui vient interroger un reporter sur ses sources ou le mettre en prison avec ou sans procès équitable.
C'est une législation restrictive, qui remet le choix éditorial entre les mains des censeurs et des tribunaux spéciaux ». Pour cette organisation, il ne peut y avoir de liberté de la presse là où les journalistes sont soumis à des conditions de corruption, de pauvreté ou de peur.




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