Visas pour la France : Des lendemains qui sourient ?
Père Antoine de Padoue Chonang

A en croire le Consul Général de France au Cameroun à Douala M. Alain FERRE, le calvaire auquel étaient jusqu'alors soumis les demandeurs du fameux " sésame " ne sera bientôt plus qu'un triste souvenir. De nouvelles dispositions Flanqué de sa Vice-Consule, Mme. Jeanne-Marie MADEC, et de M. Laurent ORIOL, Premier Secrétaire de l'Ambassade de France au Cameroun, venu tout exprès de Yaoundé pour la circonstance, M Alain FERRE a donné le Jeudi 6 Avril en sa résidence à Douala, un point de presse sur les nouvelles dispositions concernant l'obtention des visas.
En effet, depuis le 20 février 2006, la procédure du traitement des dossiers y relatifs a connu une certaine évolution. L'on se rappelle que c'était souvent sous la pluie ou la grande canicule, les bousculades et les engueulades de toutes sortes que les candidats aux voyages devaient parcourir douloureusement leur chemin de croix, à l'issue pas toujours certaine.
Pour y pallier, les autorités consulaires ont mis en place un système de rendez-vous par téléphone, le numéro 829 00 00 qui fonctionne 24h/24 et 7 jours sur 7. A noter toutefois qu'il ne s'agit pas d'un numéro vert : 400 Fcfa la minute, voilà ce qu'il en coûtera à son utilisateur pour recueillir auprès du préposé de l'Ambassade ou du Consulat, tous les éléments entrant dans la composition dudit dossier, pour en permettre la rapidité du traitement.
Une somme trop élevée au yeux de certains, mais pas du tout à ceux du Consul, qui y voit un gain appréciable du temps, une économie certaine par rapport aux multiples déplacements, et une dépense à relativiser au vu du coût élevé du voyage.
La visite des locaux aura permis de découvrir de nombreuses améliorations apportées aux infrastructures d'accueil, notamment le prolongement de l'auvent pour garantir de la pluie, et à l'intérieur, l'installation de la clim et la disposition des sièges pour atténuer la fatigue de l'attente.
Avec tous ces atouts, le Consul Général affiche un optimisme serein quant à la fluidité de la circulation et à la capacité d'accueil, qui permettront, assure-t-il, dans un délai de 24 heures, 48 heures ou 72 heures maximum, d'obtenir une réponse à sa demande. Toutefois, la collaboration des usagers est nécessaire. Ils devront respecter les jours et les heures fixés pour les rendez-vous, qui sont donnés d'heure à heure, et prendre toutes les dispositions nécessaires pour introduire un dossier complet.
En outre, il leur est fortement conseillé de s'y prendre à temps, afin d'éviter le stress de la période de pointe, en profitant des périodes creuses pour s'enregistrer, d'autant plus qu'il est possible de le faire désormais 3 mois avant le départ.
Par ailleurs, un Centre pour les Etudes en France (CEF) est progressivement en train d'être mis sur pied. Son objectif consiste à rassembler en un lieu unique, avec un personnel expérimenté, toutes les informations utiles aux futurs candidats aux études en France.
Ils bénéficient à cet effet d'un numéro de téléphone mobile 909 10 80 pour effectuer leur pré-inscription, avant l'entretien fixé au début des vacances.
Bon à savoir, pour faciliter la tâche aux professionnels, journalistes et autres, appelés à effectuer de fréquents voyages en France, la durée de validité du visa court séjour peut s'étendre sur une période d'un an.
Des efforts louables
Sans conteste, ces mesures innovatrices sont de nature à dissiper le climat de désamour qui s'était installé et aggravé ces derniers temps dans les relations entre la France et le Cameroun.
L'on comprenait difficilement les obstacles soudains dressés sur la voie d'accès à la France. Sans parler de l'arnaque dont on était victime dans les rangs, et des traitements infra-humains que l'on était contraint d'y subir.
Bien que le Consul Général s'en défende, en arguant que le taux d'octroi des visas était l'année dernière de près de 70%, il n'en reste pas moins que les nombreux refus non motivés avaient fini par instaurer un profond malaise au sein de la société, et suscité des réactions diverses, dont la plus négative se traduisit par des manifestations anti-françaises.
Ulcéré pour notre part, suite à des déboires similaires, nous n'avions pas hésité, à l'époque, à saisir le Ministre français des Affaires étrangères, nous interrogeant, entre autres, sur les raisons pour lesquelles on ne pourrait pas "fixer des rendez-vous aux demandeurs de visas, pour éviter d'animaliser de dignes citoyens camerounais qui ne sont pas des clochards". Son silence nous contraignit, quatre mois plus tard, à recourir au Président de la République française.
C'est le lieu ici de saluer avec respect le sens très élevé de l'écoute de M. Chirac qui, trois jours seulement après réception de notre missive, nous répondait en déclarant, entre autres, " avoir pris connaissance avec attention de nos préoccupations avant de les signaler au Ministre des Affaires Etrangères " ! C'était le 9 février 2006.
Il est heureux que les Autorités françaises aient pris à temps le pouls d'une situation délétère susceptible de détériorer (pour rien !) les liens de la nécessaire coopération qui doit exister entre la France et les pays de son pré-carré, pour leur bénéfice mutuel.
A voir l'atmosphère de cordialité qui a entouré ces entretiens, ainsi que la visite organisée des lieux, où nous avons pu admirer pour la toute première fois le joli sourire des fonctionnaires (Ah ! qu'ils sont beaux lorsqu'ils sourient !), nul doute qu'une page plus radieuse s'ouvre dans les annales de l'obtention du visa Schengen au Consulat de France à Douala, où un pot d'amitié a scellé dans la détente, la sérénité en voie d'être retrouvée.




je trouve que c'est dommage pour un journal jouissant d'une solide réputation comme le votre d'écrire"la France et les pays de son pré-carré" quelle image pensez vous véhiculer aux jeunes africains avec de tels propos?
Rédigé par: Estelle mengue | 08/05/2007 at 07:14
Merci, Madame, pour votre réaction, malgré le ton...
Le mot "pré-carré" appliqué à l'Afrique vis-à-vis de la France n'est pas une invention du REC!
Par ailleurs, si vous connaissiez un tant soit peu son style gentiment gouailleur, plein de sous-entendus, avec presque toujours un brin d'humour, vous comprendriez alors quelle mimique effleurait ses lèvres lorsqu'il écrivait ces mots! Et vous n'auriez absolument rien à redouter quant à "l'image à véhiculer aux jeunes africains"...
Rédigé par: Antoine de Padoue CHONANG | 10/05/2007 at 12:55