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" Voici pourquoi le Cameroun n'atteindra pas le point d'achèvement. A moins que… "

Père Antoine de Padoue Chonang Voicipourquoi

"Les bailleurs de fonds membres du CCS/PPTE se sont réunis pour préparer la seizième réunion du 7 avril 2006. A la lecture des documents, ils ont fait le constat d'un défaut de suites réservées aux différentes observations et suggestions qu'ils ont formulées depuis le début du processus ". C'est par cette déclaration sèche que s'ouvre le préambule de la lettre d'observations, récemment adressée aux autorités de Yaoundé par les bailleurs de fonds internationaux, pour signifier le boycott par eux de la seizième réunion du CCS/PPTE prévue le 7 avril 2006, qu'ils trouvent désormais "sans objet".

Epouvante à l'horizon ! Tout cela, à cause de cette manière bien camerounaise de gérer le bien commun à l'emporte-caisse ! Décidément, les habitudes ont la peau dure… Les "structures du péché "sont-elles si ancrées en l'homme camerounais que rien ni personne n'est capable de les en déloger ?
Dans cette perspective, les coups de filets opérés ces jours-ci, et qui semblent curieusement éviter avec le plus grand soin les "gros poissons" pour ne capturer que du menu (ou du moins gros) fretin ne seraient-ils donc qu'un vasque cirque ? Pendant que, la première bourrasque passée, on semble dire au sommet : " On continue comme avant ! ", le petit peuple trinque, et ploie sous le faix insupportable des impôts, de la vie chère, de la misère…JUSQUES A QUAND ?
Au fond, que veux-t-on ? Lutter contre la pauvreté, ou contre les pauvres ? Achever le point PPTE, ou bien achever tous les Camerounais ? Tout porte à croire que " le modèle camerounais " que l'on vante tant n'est rien d'autre que l'incarnation de la philosophie nietzschéenne du Surhomme qui, par la bouche de Zarathoustra, proclamait, sans états d'âme : " Périssent les faibles et les ratés !
Vive le…Feyman ! ". Mais, que l'on n'oublie pas : avant celui de Dieu, le Tribunal de l'Histoire sera impitoyable pour tous ceux qui n'auront pas eu pitié de leurs  semblables, dont ils auront fait l'escabeau de leurs pieds, passant toute leur vie à les presser jusqu'à l'écorce, à les oppresser, à les pressuriser, à les opprimer, à les arnaquer.
La suite du brûlot dont nous vous livrons la teneur en exclusivité " Les bailleurs de fonds sont conscients que des efforts ont été réalisés notamment du côté du MINEFI pour améliorer  la qualité du dialogue à travers l'amélioration de la communication et l'organisation des réunions préparatoires. En revanche, les procédures budgétaires ne sont pas respectées dans certains cas, y compris dans le cadre des dépenses PPTE, et certains ministères sectoriels (MINTP, MINEDUB, MINDUH, ….) se sont régulièrement affranchis du cadre normatif prévu pour les dépenses PPTE.
Le projet de recensement général de la population, par exemple, est emblématique des difficultés rencontrées : d'emblée, le montant versé à ce projet a dépassé de 350 millions de Fcfa, les crédits alloués par le CCS/PPTE, aucun détail de dépenses n'a pu être produit pour ce projet depuis le versement des fonds PPTE (5,250 milliards de Fcfa), et les conclusions particulièrement sévères des audits des dépenses 2003 et 2004 conduits par le Cabinet Okala sont restées sans suite à ce jour.
Parmi les difficultés  rencontrées, nous mentionnons  notamment : - la non-reportabilité des crédits PPTE, alors qu'elle est bien prévue dans le manuel des procédures ; - les dépassements de crédits jugés éligibles dont on constate à la lecture du tableau  ventilant les crédits 2006 que le problème demeure (par exemple pour les projets MINTP et MINDUH pour l'année 2006), en dépit des assurances données par le passé et d'un important travail de mise à plat des listes de projets ; - l'absence de respect des procédures et des contraintes auxquelles est soumise l'utilisation des fonds PPTE à l'instar : "du mélange entre les crédits PPTE et les fonds du BIP qui ne permet plus de s'assurer que les fonds PPTE sont utilisés conformément à leur objet ; "de l'exécution des projets PPTE sans tenir compte du contenu des APE (avant projet d'exécution) quand il existe ; "de l'utilisation des financements PPTE pour des contreparties sans tenir compte des restrictions émises par les bailleurs de fonds dans leur  lettre du mois de mars 2004 ; "de l'absence de " reporting " sur l'exécution des projets,  alors que le manuel de procédures prévoit la production annuelle de compte rendu d'exécution ; "du nombre de plus en plus grand des projets empruntant le circuit de la Caisse autonome d'amortissement pour éviter les difficultés  dans le circuit  de paiement  du Trésor.
Ce procédé rencontre les limites en raison de la fragilité sur la conformité des engagements ou du contrôle comptable effectué par cet organe qui ne procède pas par ailleurs à des remontées d'information vers le Trésor ; "du caractère somptuaire de certaines dépenses (achats de véhicules, frais de missions…)   sans lien manifeste  avec la lutte contre la pauvreté et indiquant que des crédits PPTE étaient utilisés pour le fonctionnement  de certains ministères. ; "de l'ampleur de certains montants facturés laissant supposer d'éventuelles surfacturations ; "du fractionnement de certains marchés pour éviter le seuil imposé par la réglementation des marchés publics. Dans deux précédents courriers (lettres de juin 2005 et février 2006), les bailleurs de fonds ont particulièrement attiré l'attention sur ces problèmes en s'appuyant notamment sur les conclusions des audits des dépenses 2003 et 2004.
Il a été envisagé de conduire des audits spécifiques pour certains projets, mais ces derniers ne viennent que d'être lancés, soit dix mois après l'identification des difficultés. Par ailleurs, les recommandations des audits généraux n'ont été que très partiellement mises en œuvre et les actions envisagées pour y donner suite, relèvent souvent plus de préalables formels que de la recherche d'une atteinte de résultats même dans le cas  de détournements de fonds publics manifeste (projet vergers cacao café) ou de l'absence de suite donnée à de nombreuses recommandations (projet électrification rurale et de nombreux projets relevant du MINADER).
Nous regrettons que le dernier tirage d'une avance de 25 milliards de Fcfa sur le compte du Trésor à partir du compte PPTE logé à la BEAC ait été réalisé le 29 décembre 2005, avant même que les bailleurs aient donné leur accord par lettre des bailleurs de fonds du 6 février 2006.
Dans ces conditions, les bailleurs de fonds ne jugent pas utile de participer à la seizième réunion du CCS/PPTE prévue le 7 avril 2006. Ils attendent des propositions d'actions concrètes et précises des autorités camerounaises pour résoudre les difficultés évoquées,  avant de prendre part à nouveau aux travaux du comité. ". Voilà qui est on ne peut plus clair !
Et bien sombre pour l'avenir du Cameroun…Voilà pourquoi le Cameroun n'atteindra jamais son point d'achèvement. A moins que les vautours ne cessent de se repaître du sang et de la sueur des Camerounais.

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