CITE DU VATICAN (AFP) - Le pape Jean Paul II sera inhumé ce vendredi dans la crypte de la basilique Saint Pierre au terme d'obsèques grandioses célébrées en présence de centaines de milliers de fidèles et d'une foule de dirigeants venus du monde entier.
La messe commencera à 10H00 (08H00 GMT). Elle sera célébrée par le cardinal allemand Joseph Ratzinger, 77 ans, doyen du collège des cardinaux et proche du pape défunt.
La cérémonie doit durer trois heures. Jean Paul II, décédé samedi dernier à l'âge de 84 ans après un règne de 26 ans et cinq mois, sera inhumé immédiatement après dans la crypte située sous la basilique Saint-Pierre, à même la terre et sans sarcophage, conformément à ses dernières volontés dévoilées jeudi avec son testament.
Les autorités italiennes ont annoncé avoir mis sur pied "un service de sécurité sans précédent dans l'Histoire". 40.000 personnes devraient être impliquées dans ce dispositif, dont 10.000 policiers. 1.500 personnes et 300 véhicules seront affectés uniquement à la protection des nombreuses personnalités, politiques ou religieuses, attendues à Rome.
Les obsèques du pape des multitudes, souverain pontife le plus médiatique de l'histoire de l'Eglise et chef défunt de plus d'un milliard de catholiques, seront filmées et retransmises en direct.
Plus de deux millions de fidèles sont venus depuis lundi soir rendre un dernier hommage à sa dépouille mortelle exposée devant le maître-autel de la basilique et une véritable marée humaine à envahi Rome.
Tous ne pourront pas être place Saint-Pierre. Les premiers rangs ont été réservés aux dignitaires de l'Eglise et aux 200 personnalités et dirigeants venus du monde entier. Parmi eux, le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, le président américain George W. Bush, le Premier ministre britannique Tony Blair et le président français Jacques Chirac, mais aussi les présidents israélien Moshé Katsav et iranien Mohammad Khatami.
La place a été aménagée comme pour toutes les grandes cérémonies. Des carrés de places assises ont été délimités par des barrières en bois. Ils seront réservés aux privilégiés.
La foule des anonymes qui pleure le pape depuis une semaine sera reléguée au fond, pour les plus chanceux. Les autres se masseront sur la grande avenue de la Conciliazione ou les places avoisinantes et suivront la messe sur des écrans géants.
Plusieurs heures avant le début de la messe d'obsèques, des milliers de pèlerins étaient installés dans les rues proches du quartier du Vatican, dans l'espoir d'avoir les meilleures places. Des centaines de jeunes, parmi lesquels de nombreux Polonais étaient allongés à même le sol, emmitouflés dans des duvets ou des couvertures sur l'avenue della Conziliazione, la grande artère menant à la basilique Saint-Pierre.
La place a été fermée dans la soirée. Derrière des barrières protégées par un véritable mur de carabiniers et de policiers, des ouvriers se livraient aux derniers préparatifs et s'employaient à installer, sur le parvis de la basilique, des centaines de chaises destinées à accueillir les dignitaires, italiens et étrangers ainsi que les membres du clergé qui assisteront à ces obsèques exceptionnelles.
Plusieurs milliers de personnes campaient aussi au Circo Massimo, le stade des courses de chevaux de l'ancienne Rome. Deux écrans géants ont été installés à chaque extrémité du stade, a environ 600 mètres de distance, pour permettre aux fidèles de suivre la messe célébrée sur le parvis de la basilique.
Nous sommes venus "pour remercier le Saint Père de ce qu'il nous a donné et pour être avec toute l'Eglise", a déclaré Jean Michel Payeur venu avec un groupe d'un millier de pèlerins français. "On veut continuer ce qu'il a semé, notamment chez les jeunes", a-t-il ajouté.
Les portes de la basilique Saint-Pierre ont été fermées jeudi après 22h00 (20h00 GMT), mettant fin au défilé des fidèles qui se sont succédé jour et nuit par centaines de milliers depuis lundi soir devant la dépouille du pape.
En début d'après-midi jeudi, le Vatican a rendu public l'intégralité du testament laissé par le pape. Ce document de huit pages, dont l'original a été écrit en polonais, est composé de feuillets rédigés à différentes dates dont le premier au 6 mars 1979.
"Selon les desseins de la Providence, il m'a été donné de vivre dans le siècle difficile qui vient de se terminer. Il faut se demander si le temps n'est pas venu de répéter avec Siméon de la Bible 'Nunc dimittis'" ("Vous pouvez maintenant me congédier"), avait notamment écrit le pape en 2000, l'année du Jubilé.
"J'espère que le Seigneur m'aidera à reconnaître jusqu'à quand je dois continuer ce service auquel il m'a appelé le 16 octobre 1978", avait aussi écrit le premier pape slave de l'Histoire entre le 12 et le 18 mars 2000, selon la version italienne du texte.
Ce document montre aussi que Jean Paul II avait envisagé en 1982 que ses funérailles se déroulent dans sa terre natale polonaise, avant d'abandonner cette idée en 1985 pour laisser aux cardinaux la décision sur le lieu de sa sépulture. Le pape avait également remercié "la Providence divine", grâce à laquelle "la Guerre froide s'est achevée sans un violent conflit nucléaire".
Karol Wojtyla demandait par ailleurs que ses "notes personnelles soient brûlées" et indiquait qu'il ne laissait "derrière" lui aucun bien matériel: "Quant aux choses d'usage quotidien dont je me sers, je demande de les distribuer comme il apparaîtra opportun".

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