Santé : Le Plan Marshall de l’Eglise Catholique du Cameroun
Mgr Adalbert Ndzana, Evêque de Mbalmayo
La Journée Mondiale du Malade est célébrée tous les cinq ans dans chaque continent. Pour l’Afrique qui a d’énormes besoins de développement, c’est une excellente opportunité de promouvoir des œuvres sociales, médicales et spirituelles du domaine de la santé. Il est important que la participation et la qualité des communications pastorales et scientifiques soient satisfaisantes.
Ce sera ainsi l’ouverture à la réalisation des œuvres importantes de la célébration de la Journée Mondiale du Malade en terre africaine. Le comité d’Organisation mis en place par nos Evêques propose les œuvres pérennes suivantes.
1 - Le Plan Marshall proposé au sein de la société Civile en Afrique, pour que celle-ci prenne à bras le corps le problème du VIH SIDA en Afrique.
L’engagement des Eglises chrétiennes constitue un volet important de ce projet, car elles ont la réputation de détenir 42 % du potentiel des structures sanitaires en Afrique. Chacune des formations sanitaires de ces structures ne pourrait –elle pas abriter un Centre de Traitement Ambulatoire ou un Centre de Promotion de la Santé ?
Ce secteur prendra it ainsi en charge 1.000.000 (un million) de malades du SIDA par an et formerait 10.000 (dix mille personnels de santé).
Un autre volet du Plan Marshall pourrait concerner l’engagement des structures sanitaires privées libérales (officines de pharmacie, cabinets médicaux et cliniques). Ces structures de compétence ne sauraient rester en marge de la mobilisation générale de la lutte contre le VIH/ SIDA en Afrique. Ne pourrait-il pas être question que chacune d’elles devienne, un Centre de Promotion de la Santé spécialisé dans la prévention du VIH /SIDA et l’observance thérapeutique des Anti rétroviraux, car le SIDA en Afrique doit devenir une maladie comme une autre.
2 - Les Mutuelles de santé au sein des communautés de base seront développées à travers l’engagement du privé confessionnel et du privé libéral pour garantir l’accessibilité et la continuité des soins, notamment dans la prévention et la prise en charge thérapeutique des malades du SIDA.
3- La mise en place des Centres des Sciences de la Santé dans chacune des dix régions des Conférences Episcopales de la zone Afrique pour la formation des professionnels selon l’éthique chrétienne.
Ainsi, pour la région ACERAC qui accueille pour février 2005 la deuxième célébration en terre africaine de la Journée Mondiale du Malade, la réalisation du Centre catholique des Sciences de la Santé de Libreville, Gabon sera accélérée. Ce centre régional s’appuiera sur un réseau d’unités hospitalières d’application dans chaque pays de la région. Une opération identique sera envisagée pour la région AEAWA/ CERAO qui accueillit la première célébration de la Journée Mondiale du malade en terre africaine, en février 1995. Le relais sera pris par les autres régions du SCEAM au fur et à mesure de l’avancement du programme de célébration en terre africaine de la Journée Mondiale du malade. L’association pour la Journée Mondiale du malade en Afrique pourrait jouer un rôle de mobilisation à cet effet.
L’ensemble du réseau ainsi défini sera coiffé par un Centre Catholique des Sciences de la Santé, Complexe hospitalo- Universitaire de référence pour toute l’Afrique, basé à Yaoundé. Ce dernier aura pour mission de :
- promouvoir l’excellence dans la recherche médicale en Afrique
- Assurer le plus de spécialisations possible sur place en Afrique
- Renforcer les capacités des autres structures de la région d’Afrique
4- Le développement d’un réseau de sanctuaires consacrés à la dévotion mariale sur le continent africain, avec une organisation rationnelle de pèlerinages sur tout le continent. La mise en œuvre d’un tel programme implique l’adhésion des leaders des professions médicales et pharmaceutiques ou tout au moins leur bonne compréhension. Doyens de Facultés de Médecine et de Pharmacie, Présidents de l’Ordre des Médecins, Présidents de l’Ordre des Pharmaciens, divers Experts scientifiques de notoriété établie. Les jeunes associations catholiques des professionnels de la santé que nos Evêques sont en train de mettre en place en Afrique, trouveront là un terrain favorable à leur éclosion et un champ d’activité particulièrement dynamique. L’ancrage et le renouvellement de la pastorale de la santé sur le Continent africain passent par la mise en œuvre efficace de ces structures et la réalisation effective de ces programmes. En effet, la promotion offensive de la vision catholique en matière de santé et de respect de la vie s’avère être aujourd’hui une nécessité impérieuse dans un monde dominé par les structures du péché, soumis à la banalisation des atteintes à la vie, noyauté par les égoïsmes, maintenu sous l’emprise des sectes et de toutes sortes d’hégémonismes et enfin caractérisé par l’inertie face à la situation sanitaire déplorable des populations africaines exacerbées par l’insouciance de certaines élites africaines.
En définitive, il est de la plus haute importance que l’engagement des Experts et Professionnels de la santé et les divers partenaires de la construction de l’univers de la santé s’inscrive en droite ligne dans cette perspective éthico-chrétienne.
Le Président du Comité d’Organisation de la JMM 2005-03-04
Mgr Adalbert Ndzana
Evêque de Mbalmayo
Président de la Commission Episcopale pour la Pastorale de la Santé, CENC




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